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Plusieurs jeunes hommes de la tribu des Corbeau (Crow) étaient sur le sentier de la guerre. Un peu avant d'arriver à l'endroit
où le Fleuve-des-Pierres-Jaunes quitte la montagne, ils durent livrer combat à une troupe de Pieds Noirs. Deux Corbeaux moururent dans cet engagement. Plus loin, en voulant traverser la
Rivière-qui-Hurle-entre-les-Cailloux, les rescapés se heurtèrent une nouvelle fois à l'ennemi.
Trois Corbeaux perdirent la vie dans cette seconde rencontre.
Aigle-Blanc avait reçu une flèche dans le mollet. Sa blessure l'empêchait d'aller plus loin. Le chef de l'expédition décréta :
- Aigle-Blanc n'est plus en état de marcher. Nous allons le laisser ici jusqu'à ce que sa jambe guérisse. Si nous voulions l'attendre nous serions tous
exterminés.
Il fut convenu que si Aigle-Blanc n'était pas de retour dans la tribu après la Lune-où-la-Neige-entre-dans-les-Tepees, sa mort glorieuse serait proclamée.
Les guerriers lui bâtirent un abri afin qu'il puisse y passer l'hiver sans trop souffrir. Ils lui offrirent toutes les provisions qu'ils purent lui abandonner et placèrent ses armes à côté de
lui. Enfin, ils partirent.
De retour au village, les guerriers expliquèrent ce qui s'était passé. Les sages affirmèrent que ces Braves avaient agi au mieux des intérêts de tous. Mais une jeune fille n'était pas de cet
avis. Elle se nommait Pluie-Femelle et ne voulait nullement abandonner son fiancé durant tout un hiver.
Son frère avait fait partie de l'expédition, elle lui demanda :
- Avez-vous laissé Aigle-Blanc très loin ?
- Au-delà des Montagnes-Coiffées-de-Neige, répondit le frère.
- Il sera mort de froid avant la fin de la Lune-où-la-Marmotte-Sort-de-son-Trou, déclara Pluie-Femelle. Indique-moi le chemin, je vais aller le chercher.
Le jeune Brave répliqua :
- C'est déjà un très long voyage pour un homme, comment une femme seule pourrait-elle gagner cet endroit ?
Mais Pluie-Femelle insista tellement que son frère lui dit :
- Va jusqu'à la rivière à truites et remonte le courant jusqu'à l'endroit où elle forme un lac. Si la glace est assez épaisse passe sur l'autre rive et gagne le mont où le cours d'eau prend sa
source. Contourne cette élévation dans le sens de la course du soleil et dirige-toi vers cette forêt de pins que les castors utilisent pour construire leur
barrage.
Derrière ce bois il y a un marais tapissé de nénuphars. Ne t'y aventure pas car il est très dangereux. Marche en direction des deux montagnes et emprunte le Défilé-des-Ombres. Au bout de cette
passe s'élève un rocher dont la forme rappelle un chasseur à l'affiât. Après ce roc s'étend une grande plaine. C'est là que tu trouveras ton promis.
En cette saison tu ne pourras franchir cet espace qu'avec des raquettes à neige. Ménage tes forces et fais très attention. Les loups hantent les parages et l'ours a sa caverne tout près du lieu
où nous avons laissé Aigle-Blanc.
Pluie-Femelle chargea du bois et des provisions sur son dos et se mit en route.
La Lune-des-Feuilles-Pauvres était déjà à sa fin et le Moment-où-les-Vivres-Doivent-être-Rentrés commençait à peine. Pluie-Femelle marcha le temps d'une saison. Au cours de ses rares haltes, elle
se chauffait peu et mangeait le moins possible afin de ne pas appauvrir ce qu'elle destinait à Aigle-Blanc.
Quand elle arriva dans la plaine, une tempête sévissait. À travers les flocons de neige elle aperçut néanmoins une fine colonne de fumée. Elle pensa aussitôt : « je
n'arrive pas trop tard, il est encore vivant. »
Aigle-Blanc était assis devant un maigre feu. Sa provision de bois touchait à sa fin et il n'avait plus de nourriture depuis la veille. Pluie-Femelle lui dit
:
- Je suis venue t'aider. De quoi as-tu besoin ?
- J'ai froid et j'ai faim, répondit le jeune Brave.
Lorsque la femme eut ranimé le feu et restauré Aigle-Blanc, elle mit de la terre vierge sur sa blessure.
- Ainsi, tu guériras plus vite, assura-t-elle.
La jambe du guerrier était si enflée qu'il ne pouvait se déplacer qu'en rampant sur le ventre. Durant toute la Lune-de-la-Neige-Aveuglante, Pluie-Femelle posa des pièges. Il lui arrivait de
prendre un renard ou un castor.
Ces fois-là, la jeune femme offrait un véritable festin à Aigle-Blanc. Mais le plus souvent elle ne parvenait qu'à dérober ses provisions à un rat musqué. Alors la faim se refaisait sentir. À la
Lune-où-les-Oies-Remontent-vers-le-Sud, Aigle-Blanc déclara :
- Le dégel est commencé. Construis un canoë avec des branches de saule et des peaux de cerf. Dès que le fleuve sera libre nous retournerons dans notre tribu. Le sorcier doit nous croire morts et
s'apprête certainement à chanter nos funérailles.
Le bateau fut bientôt terminé. I!homme et la femme allaient partir quand Pluie-Femelle repéra une bande de chasseurs en aval de la rivière.
- Ce sont sûrement des Pieds Noirs, dit Aigle-Blanc. Va te cacher dans les collines ; s'ils te trouvent ici ils te tueront avec moi.
Pluie-Femelle refusa d'abandonner son promis. Mais celui-ci insista tellement qu'elle convint avec lui :
- Je me posterai sur une hauteur afin de surveiller les Pieds Noirs. Tant que je pousserai le cri du coyote tu n'auras rien à craindre. Prends ce couteau et mets fin à tes jours si tu m'entends
chanter comme le hibou. Je ne veux pas qu'ils te capturent vivant. Au cas où tu en arriverais à cette extrémité, je me supprimerais à mon tour.
Tout le jour, Pluie-Femelle épia les étrangers. À intervalles réguliers, l'appel du coyote parvenait à Aigle-Blanc. Puis, vers le soir, il n'entendit plus rien. Il pensa, la mort dans l'âme :
« Les Pieds Noirs ont dû découvrir Pluie-Femelle et la tuer. »
Il se demandait comment il arriverait à regagner la tribu quand la jeune fille reparut devant lui.
- Vois, lui dit-elle, j'ai dérobé un attelage de chiens aux Pieds Noirs. Nous allons profiter de la nuit pour partir. Dès que la lune monta dans le ciel, ils abandonnèrent la cabane. Les chiens
étaient en bonne santé et le traîneau solide. Mais une tempête de neige s'éleva et ils durent s'arrêter.
Pluie-Femelle recouvrit Aigle-Blanc à l'aide d'une couverture en peau de bison et se blottit contre lui pour lui tenir chaud. Ils disparurent très vite sous les flocons et leurs deux corps ne
ressemblèrent plus qu'à un petit tas de neige.
Au matin, un oiseau se posa sur le blanc monticule et siffla une chanson. C'est ainsi que les jeunes gens surent que l'ouragan était passé. Hélas, sitôt sortis de leur abri, ils constatèrent que
l'attelage de chiens avait disparu.
- Ce n'est rien, déclara Pluie-Femelle. Monte sur mes épaules, je vais te porter.
En dépit de ce lourd fardeau, Pluie-Femelle marcha trois jours. À l'aube du quatrième, elle parvint finalement au village des Corbeaux.
Le soir même, Aigle-Blanc conta à toute la tribu ce que Pluie-Femelle avait fait pour lui.
L'histoire fut si bien écoutée qu'elle resta dans les mémoires. Depuis, lorsqu'un Corbeau a besoin d'aide, il appelle sa femme ou sa fiancée.
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fr2008-01-05T15:48:03Z
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C'était dans le temps d'avant.
Unktehi, le monstre qui vit dans l'eau, provoqua une gigantesque inondation en se battant contre les hommes.
Wanka Tanka, le Grand Esprit, laissa faire. On ne sait pourquoi.
Tout fut submergé excepté une colline (celle qui se trouve près du la carrière où la communauté de la grand-mère indienne qui raconta cette histoire, fabrique les pipes sacrées).
Les hommes s'y réfugièrent donc. Mais ça ne dura pas, les eaux montèrent encore jusqu'à recouvrir la colline. Les rochers et les pics se renversèrent sur les hommes. Tous périrent et leur sang se
coagula en une grande mare.
C'est pourquoi ces lieux sont le tombeau des ancêtres de cette communauté.
Au cours de la catastrophe, Unktehi fut changé en pierre. C'est peut-être la punition du Grand-père Esprit pour avoir provoqué cette catastrophe. Les os d'Unktehi sont dans les
Badlands.
Son dos forme une longue crête et on peut voir ses vertèbres sur un rang de rochers rouges et jaunes.
Donc, tous périrent sauf une jeune fille qui était très belle. Elle fut sauvée par le grand aigle Wanblee Galeshka. Juste au moment où les eaux allaient la recouvrir, il avait volé vers elle pour
qu'elle s'accroche à ses pattes.
Il la déposa à son repaire, sur la cime d'un grand arbre qui se trouvait sur le plus haut sommet des Black Hills. C'était le seul endroit épargné par l'inondation. Aujourd'hui ce lieu est
sacré.
La jeune fille resta ave l'aigle Wanblee qui en fit sa femme. Il faut dire qu'à cette époque, ces choses-là étaient possibles parce que les hommes et les animaux étaient bien plus proches qu'ils
ne le sont aujourd'hui.
La jeune fille donna à son époux aigle deux jumeaux, un garçon et une fille, qui naquirent au sommet de cette montagne. De nouveau il y avait des hommes sur terre.
Quand les eaux se retirèrent, Wanblee descendit sa petite famille sur la terre en leur demandant de former une nation puissante, la Oyate Lakota.
Les enfants grandirent, qui firent à leur tour des enfants ainsi de suite. Une nation était née, descendant de l'aigle. Voilà pourquoi les Sioux portent une plume d'aigle
D'après une légende qui fut racontée par Lame
Deer,
une grand-mère Santee (Winner, Dakota du Sud)
]]>fr2007-08-24T22:33:31Z
http://www.culture-amerindiens.com/article-5819546.html
Quand la Terre était jeune, aucun papillon ne volait ça et là dans les airs et n'illuminait les jours de printemps et d'été de leurs ailes portant les couleurs de l'arc-en-ciel. Il y avait des reptiles, qui furent les ancêtres des papillons, mais ils ne savaient pas voler ; ils ne savaient que ramper par terre.
Ces reptiles étaient magnifiques, mais le plus souvent les humains, lorsqu'ils se déplaçaient, ne baissaient pas les yeux vers la terre, aussi ne voyaient-ils pas leur beauté. En ces temps-là, vivait une jeune femme qui s'appelait Fleur de Printemps et qui était une joie pour tous ceux qui la connaissaient. Elle avait toujours le sourire et un mot gentil à la bouche, et ses mains étaient semblables au printemps le plus frais pour ceux qui étaient atteints de fièvre ou de brûlures.
Elle posait ses mains sur eux et la fièvre aussitôt quittait leur corps. Quand elle atteignit l'âge adulte, son pouvoir devint encore plus fort et, grâce à la vision qu'elle avait reçue, elle devint capable de guérir les gens de la plupart des maladies qui existaient alors.
Dans sa vision, d'étranges et belles créatures volantes étaient venues à elle et lui avaient donné le pouvoir de l'arc-en-ciel qu'ils portaient avec eux. Chaque couleur de l'arc-en-ciel avait un pouvoir particulier de guérison que ces êtres volants lui révélèrent.
Ils lui dirent que pendant sa vie elle serait capable de guérir et qu'au moment de sa mort elle libérerait dans les airs des pouvoirs de guérison qui resteraient pour toujours avec les hommes. Dans sa vision, il lui fut donné un nom : Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel. Tandis qu'elle avançait en âge, Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel continuait son travail de guérisseuse et dispensait sa gentillesse à tous ceux qu'elle rencontrait. Elle rencontra aussi un homme, un voyant, et elle le prit pour mari.
Ils eurent ensemble deux enfants et les élevèrent pour qu'ils soient forts, sains et heureux. Les deux enfants avaient aussi certains pouvoirs de leurs parents et eux-mêmes devinrent plus tard des guérisseurs et des voyants.
Tandis qu'elle vieillissait, le pouvoir de Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel grandit encore et tous ceux qui vivaient dans les environs de la région où elle habitait vinrent à elle avec leurs malades, lui demandant d'essayer de les guérir. Elle aidait ceux qu'elle pouvait aider.
Mais l'effort de laisser passer en elle tout le pouvoir finit par l'épuiser et un jour elle sut que le moment de remplir la seconde partie de sa vision approchait. Tout au long de sa vie, elle avait remarqué que des reptiles magnifiquement colorés venaient toujours près d'elle quand elle s'asseyait par terre. Ils venaient contre sa main et essayaient de se frotter contre elle. Parfois l'un deux rampait le long de son bras et se mettait près de son oreille.
Un jour qu'elle se reposait, un de ces reptiles vint jusqu'à son oreille. Elle lui parla, lui demandant si elle pourrait faire quelque chose pour lui, car elle avait remarqué que lui et ses frères et soeurs lui avaient toujours rendu service.
"Ma soeur, dit Celui qui rampait, mon peuple a toujours été là pendant que tu guérissais, t'assistant grâce aux couleurs de l'arc en ciel que nous portons sur le corps.
A présent que tu vas passer au monde de l'esprit, nous ne savons comment continuer à apporter aux hommes la guérison de ces couleurs.
Nous sommes liés à la terre et les gens regardent trop rarement par terre pour pouvoir nous voir. Il nous semble que si nous pouvions voler, les hommes nous remarqueraient et souriraient des belles couleurs qu'ils verraient.
Nous pourrions voler autour de ceux qui auraient besoin d'être guéris et laisserions les pouvoirs de nos couleurs leur donner la guérison qu'ils peuvent accepter. Peux-tu nous aider à voler ?"
Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel promit d'essayer. Elle parla de cette conversation à son mari et lui demanda si des messages pourraient lui venir dans ses rêves. Le matin suivant il se réveilla, excité par le rêve qu'il avait fait. Quand il toucha doucement Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel pour le lui raconter, elle ne répondit pas. Il s'assit pour la regarder de plus près et il vit que sa femme était passée au monde des esprits pendant la nuit.
Pendant qu'il priait pour son âme et faisait des préparatifs pour son enterrement, le rêve qu'il avait eu lui revint en mémoire et cela le réconforta. Quand le moment fut venu de porter Celle qui tisse dans l'air des arcs en ciel à la tombe où elle serait enterrée, il regarda sur sa couche et, l'attendant, se trouvait le reptile qu'il pensait y trouver. Il le ramassa avec précaution et l'emporta. Tandis que l'on mettait le corps de sa femme en terre et qu'on s'apprêtait à le recouvrir, il entendit le reptile qui disait :
"Mets-moi sur son épaule à présent. Quand la terre sera sur nous, mon corps aussi mourra, mais mon esprit se mêlera à l'esprit de celle qui fut ta femme, et ensemble nous sortirons de terre en volant. Alors nous retournerons vers ceux de mon peuple et leur apprendrons à voler de façon à ce que se poursuive le travail de ton épouse. Elle m'attend. Pose-moi à présent."
L'homme fit ce que le reptile lui avait dit et l'enterrement se poursuivit. Quand tous les autres furent partis, l'homme resta en arrière quelques instants. Il regarda la tombe, se souvenant de l'amour qu'il avait vécu. Soudain, de la tombe sortit en volant une créature qui avait sur ses ailes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle vola vers lui et se posa sur son épaule.
"Ne sois pas triste, mon époux. A présent ma vision s'est totalement réalisée, et ceux que j'aiderai désormais à enseigner apporteront toujours aux autres la bonté de coeur, la guérison et le bonheur. Quand ton heure viendra de te transformer en esprit, je t'attendrai et te rejoindrai." Quand l'homme changea de monde, quelques années plus tard, et fut enterré, ses enfants restèrent en arrière après que tous les autres s'en furent allés. Ils remarquèrent une de ces nouvelles créatures magnifiques qu'ils appelaient papillons, voletant près de la tombe.
En quelques minutes un autre papillon d'égale beauté sorti en volant de la tombe de leur père, rejoignit celui qui attendait et, ensemble, ils volèrent vers le Nord, le lieu du renouveau. Depuis ce temps-là les papillons sont toujours avec les hommes, éclairant l'air et leur vie de leur beauté.
]]>fr2007-05-08T11:59:20Z
http://www.culture-amerindiens.com/article-5695217.html
Iduga, jeune chasseur de la tribu Sénecas, avait deux chiens, comme lui bons chasseurs. Aussi Induga les aimait-il et en était
il fier. Les chiens, de leur coté, savaient apprécier l’adresse de leur maître et sa bonté pour eux.
Un jour d’hiver ils partirent tous les trois vers le nord, afin d’aller chasser. Après une longue marche, ils dressèrent leur
campement dans une forêt. La chasse promettait d’être fructueuse : pendant trois jours, Iduga tua plus de gibier qu’il n’en avait jamais tué à lui seul dans aucune de ses
expéditions.
Il se reposait le soir du troisième jour lorsque, tout d’un coup, ses chiens se mirent à aboyer et quittant le campement,
coururent à perdre haleine dans la direction du lac. Induga les suivit une touche à la main.
Après s’être arrêté un instant au pied de l’arbre, l’un des chiens revint vers sont maître et lui dit :
« Frère, nous allons peut être mourir ce soir. Il y a la bas un animal étrange et tel que nous n’en
avons jamais vu de semblable »
En effet, arrivé a peu de distance d’un grand sapin, Iduga vit, tout au sommet de l’arbre, éclairée par la lune, une forme qui
lui sembla terrifiante.
L’homme distingua nettement une tête où brillaient d’énormes yeux phosphorescents un mufle hideux garni de longue dents aigues
et il entendit un grognement lugubre.
« Laissons le, retournons au campement, nous verrons demain ce que nous pourront
faire » Leur dit il.
Les chiens le suivirent, mais ils dirent :
« Frère, demain il era trop tard. Nous allons être attaqués cette nuit. Peut être ne pourrons nous pas
nous défendre contre cet animal aux griffes énormes. Il vous faut chercher du renfort au village. Courrez y vite. Ne prenez avec vous ni torche, ni flèche, qui generaient votre course. Nous vous
protégerons et pour cela, nous nous ferons tuer s’il le faut »
Et le Séneca, comprenant que ses chiens avaient raison, suivit leur conseil. Jetant au loin sa torche, il se à courir de toutes
ses forces. Il courait depuis un bon moment, lorsqu’il fut rattrapé par l’un des chiens.
« L’animal est sur votre piste, nous allons essayer de lui tenir tête jusqu'à ce que
vous soyez en sûreté. Coures plus vite » dit-il.
Iduga essaya d’aller plus vite encore. Les rugissements se rapprochaient de lui. Bientôt, les furieux aboiements des chiens
indiquèrent que la lutte avait commencé.
A un moment, il lui sembla que l’avait dû se libérer et se mettre à sa poursuite, car il l’entendait nettement de
nouveau.
Les chiens rejoignirent sans doute le monstre, car leurs aboiements devinrent féroces, acharnés, désespérés même ; puis
tout à coup, l’un des chiens se tut. Iduga comprit qu’il avaiot succombé et voulut essayer de sauver son compagnon en arrivant, avec ses amis,k à temps pour le défendre. Cette pensé lui donna
l’energie nécessaire pour continuer de courrir et pour courir plus vite encore.
Enfin ; il vit le feux du village briller dans le lointain. Il appela a l’aide et tomba épuisé, incapable d’expliquer ce
qui était arrivé.
Lorsqu’il revint à lui, ses amis se mirent à la recherche de la bête féroce afin de l’abattre. Il leur fut impossible de
retrouver sa piste, mais les traces du combat étaient visibles et sur le sol, à l’endroit où ils avaient desperement lutté, gisaient les ossements des deux braves chiens, morts pour que leur
maître eût la vie sauve.
C’est depuis ce temps là que les Sénecas honorent les chiens et les reconnaissent comme les meilleurs amis de
l’hommes.
]]>fr2007-05-08T11:59:20Z
http://www.culture-amerindiens.com/article-5501746.html
LE WIGWAM EN FORME DE DOME
La forme demi sphère était celle la plus utilisé par le peuple du Nord Est (Québec, Ontario, Nouvelle Angleterre etc.…) car il était très facile de le construire.
Ses habitations peuvent abriter de 10 à 20 personnes. La structure était construite à partir de perche de saule sur lesquels on reposait des morceaux d’écorces, de bouleau. Les pièces d’écorces sont cousues ensemble à l’aide de racines d’épinette ou de sapin mais aussi à l’aide de tendon d’animaux.
Certain wigwams peuvent être décorés de motifs qui représente des oiseaux, des orignaux, des castors, de loutres etc. L’hiver, on le recouvrait de peau d’animaux et certaines tribus entassaient de la neige contre les parois extérieures pour tenter de garder le plus de chaleur possible.
Un feu était entretenu en permanence au centre et la fumée s’échappait par un trou fait en haut du wigwam.
Ce sont les femmes qui étaient responsable de monter et de démonter le wigwam et très souvent elles le construisaient en une journée.
Technique de construction et matériaux utilisés:
Dans un 1er temps un cercle était tracé sur le sol d’environ 3 à 5 mètres de diamètre.
Ensuite ils construisaient deux arches perpendiculaires orientées nord/sud et est/ouest donc la hauteur variait de 2 à 3 mètres.
Puis ils plantaient tous les soixante centimètre sur le cercle trace au sol d’autres perches qu’ils recourbaient en les appuyant sur les premières.
Ils terminaient ensuite l’ossature en y fixant deux armatures horizontales tout en prenant soin de laisser deux portes d’environ un mètres de haut orienté au nord et au sud et un trou en haut afin de laisser la fumée s’évacué.
La charpente était recouverte d’écorce, de natte de jonc, (soit tissées, soit cousues) ou de peaux :
Les peaux étaient résistants au vent, au feu et se roulaient très facilement se qui facilitaient les déplacements. Par contre, lorsque les peaux étaient mouillées, elles mettaient au moins 24 heures pour sécher.
L’écorce elle ne prenait pas l’eau, mais devenait cassante lorsqu’il faisait froid et il fallait la réchauffer avant de la rouler ou de l’étendre.
Les nattes de jonc lorsqu’elles sont bien tissées étaient imperméables et protégeaient contre le froid. Cependant, elles étaient plus lourdes et plus difficiles à transporter que les rouleaux d’écorce. Les portes étaient fermées par de l’écorce ou par une peau de cerf ou par un petit tapis qu’avaient tissées les femmes.
Comme nous pouvons le constater, chacun de ces revêtements avait ses avantages et ses inconvénients.
Le sol était recouvert de branches de sapin ou d’épinettes afin d’isoler les habitants de la terre et aussi de le rendre plus confortable.
WIGWAM EN FORME DE CONE
Etait construit à partir de trois voir quatre perches de base aux quelles ils ajoutaient de 20 à 30 poteaux de renforcement. Le tout était orienté à l’est afin de mettre les habitant à l’abri du vents ou autres intempéries.
Le wigwam mesurait entre 3,05 mètres à 3,60 mètres de diamètres et de 2,44 mètres à 3,05 mètres de hauteur.
Nous pouvons remarquer que le wigwam en forme de cône ressemble beaucoup au tepee mais n’est pas composé des mêmes matériaux.
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http://www.culture-amerindiens.com/article-4207920.html
Au moment de la création du monde, le Grand Esprit donna la parole à tous les animaux parcourant la forêt ou la plaine, ceux qui nageaient dans les cours d'eau, dans les lacs ou dans les océans, ceux qui volaient ou planaient dans les airs, tous parlaient la langue des hommes et c'est ainsi qu'ils purent instruire les indiens et les faire profités de leur expérience.
Le loup et l'ours leur enseignèrent à se diriger dans la plaine à travers la forêt ou la montagne, à suivre une piste.
L'ours leur apprit en outre ou les abeilles cachaient leur miel, et le castor leur montra comment il fallait s'y prendre pour construire une habitation et trouver les endroits où abondait le poisson.
Les singes, les ratons laveurs et les panthères leur apprirent à s'accrocher aux lianes, à grimper au sommet des arbres et à se cacher à la vue de tous, blottis au milieu des feuillages.
C'est grâce aux poissons que les hommes surent nager, flotter, remonter le cours des rivières.
Le cheval enseigna aux indiens à courir aussi vite que le vent, et le chien, patiemment, leur enseigna l'art de rester de longues heures immobile et aux aguets. S'il leur donna aussi des leçons de fidélité et de délicatesse, le renard, rusé et malin, fut loin d'agir de même, car lui se complut à leur démonter comment on pouvait abuser de la confiance, de la crédulité et même de la générosité des autres, prenant plaisir à se vanter de ne jamais se soucier de sentiments ou du bonheur de ceux qui l?entouraient.
Et le hommes, reconnaissant la sagesse des animaux et les services qu'ils leur rendaient, avaient accepté des les inviter aux conseils qu'ils tenaient, ou l?avis de chacun était respecté et discuté. Aucune de leurs réunions n?avait donc lieu sans que les animaux ne fussent prévenus.
Ceux-ci, en revanche, s'ils tenaient conseil, en prévenaient les hommes. Cela était devenu une coutume bien établie, un engagement réciproque et toujours observé, par lequel était reconnue légalité de tous les êtres vivants que le Grand Esprit avait placés sur terre.
Mais il vint un jour que les animaux n?avaient pas prévu, et ou l?homme, plus intelligent qu'eux, prouva sa supériorité. Mettant à profit les leçons de ses amis, il acquit tout à la fois le flair du loup et de l'ours, la sagesse et l?habilité du castor, l'agilité du raton laveur et du singe, la souplesse de la panthère, la vitesse du cheval, la fidélité et la patience du chien et aussi la ruse du renard.
Ce fut, pour le loup et l?ours, une surprise bien désagréable lorsqu'ils constatèrent que non seulement les hommes pouvaient suivre et retrouver la trace de ceux qu'ils cherchaient, mais aussi qu'ils arrivaient à brouiller leur propre piste, de telle façon que nul ne pouvait deviner par où ils étaient passés. Et l'ours s'aperçut aussi que, bien souvent, le hommes arrivaient à découvrir avant lui le miel quil aimait tant et qui, de ce fait, devenait de plus en plus rare.
Les ratons et les singes avaient beau grimper jusqu'au sommet des arbres, les petits indiens allaient maintenant aussi vite qu'eux. Ils les suivaient de branche en branche et les dépassaient en riant. Vexé le vieux raton laveur décida d'aller se cacher au plus profond de la forêt, loin de leurs rires, et le singe refusa de se mêler davantage à leurs jeux.
Le cheval n'était plus sur de gagner à la course. Il voyait les jeunes gens s'entrainer afin de rivaliser de vitesse avec lui, et bientôt ceux-ci devinrent si adroits qu?ils arrivaient même à lui monter sur le dos.
La panthère, elle aussi, se sentit bien souvent humiliée. Parfois, blottie au milieu de branches, elle se croyait isolée, loin de tous les regards, lorsqu'un appel connu la tirait de sa torpeur. Son oeil perçant avait beau chercher ou était celui qui la guettait, rien ne remuait, elle ne distinguait aucun être vivant ; mais, des qu'elle fermait les yeux, l?appel retentissait de nouveau et cela continuait ainsi jusqu?au moment où un jeune indien apparaissaient et se moquait d'elle, parce qu'elle n'avait pas su mieux se cacher.
Le renard lui-même fut bientôt incapable de jouer des tours à ses amis. Les hommes essaient devenus plus malins que lui. C'est en vain qu'il essayait de montrer son adresse et son intelligence. Il avait beau vouloir brouiller a piste, traversant des ruisseaux, contournant les collines, se fourrant dans les buissons, l'indien le retrouvait toujours et prenait plaisir à lui tirer la queue au moment où il s'y attendait le moins.
Ce n'était pas par méchanceté que les hommes se conduisaient ainsi. Ils voulaient ce distraire et s'amuser. Ils agissaient envers les animaux comme ils le faisaient entre eux ; mais les bêtes ne comprenaient pas et, peu à peu, elles se mirent à détester leurs amis d?autrefois.
Lorsque le loup s'aperçut un jour que les hommes regardaient sa fourrure avec envie, il prit peur et s'imagina qu'ils allaient peut être la lui prendre, pour s'en couvrir le corps, ou pour s'étendre plus confortable sur le sol.
Il parla longuement de sa crainte à l'ours, fort crédule de a nature. Tous deux se montèrent la tête et bientôt, l?imagination aidant, il ne fut plus question de crainte mais de certitude.
L'ours effrayé, écoutait les paroles du loup. Peu a peu, il se rappelait avoir souvent remarqué que les femmes aimaient à tâter l?épaisseur de sa toison.
Il ne douta pas instant que le loup n'eut raison et tous deux semèrent la panique parmi les autres animaux. Ce fût alors que, d?un commun accord, ceux-ci décidèrent de se réunir en conseil.
Au lieu que ce conseil se tint, comme à l'ordinaire et selon les régles établie, dans la plaine, au su et au vu de tous les êtres vivants, il fut convenu qu'il se tiendrait au plus profond de la forêt et à un moment de la nuit où les hommes endormis ne pourraient se rendre compte de ce qui se passait.
Le loup ouvrir la séance.
Exagérant les griefs, employant de grands mots, n'hésitant pas à déclarer comme certain ce qui n'était que supposition, il voulut prouver à tous que la race humaine était un danger pour eux et termina en déclarant :
« j'ai longuement réfléchi et je suis sur que seule l'extermination de tous les indiens peut rendre notre vie aussi agréable qu'elle l?était autrefois, quand les hommes ne savaient rien et ne pouvaient rien faire.
Groupons nous donc et entrons dans les villages avant la lever du soleil. Tuons les tous, homme et femmes, vieillards et enfants, et nous serons de nouveau libres et heureux à jamais. »
L'ours, moins cruel et plus noble, répondit :
« Nous avons, certes, tout à craindre, et nous ne pouvons nous résoudre à vivre dans les conditions actuelles, à cause des dangers qui nous menacent, mais nous ne pouvons attaquer ainsi à l'improviste.
Ce serait un massacre que le Grand Esprit ne nous pardonnerait pas. Déclarons donc la guerre aux indiens et que ce soit une lutte ouverte et loyale. D'ailleurs, en unissant nos forces, il nous sera facile d'avoir le dessus. »
Le castor pensa qu'il serait préférable d'attendre un peu :
« L'hiver est proche, dit-il. Laissons le venir et, lorsqu'il sera à son apogée, que les rivières seront glacées et que la bise soufflera en rafales, unissons-nous pour abattre les maisons des hommes et pour éparpiller et détruire leur provision de bois.
Ils resteront alors exposés au froid et au vent du Nord et, pour que nous les aidions à s'abriter et à se chauffer, ils accepteront les propositions que nous leur ferons en vue d'adopter de nouvelles manières de vivre avec nous et de nous traiter. »
En entendant ces mots, le renard partit d'un grand éclat de rire :
« Fous que vous êtes ! Déclara t-il. Ils promettront, mais je ne connais la valeur des promesse ; elles seront oubliées dès que reviendront les beaux jours et les hommes ne penseront plus alors qu'a se venger du mauvais tour que nous leur auront joué. »
La discussion continua ainsi longtemps. Selon leur tempérament ou leurs dispositions, les uns proposaient une chose, les autres une autre.
Le cheval et le chien écoutaient. Ils n'approuvaient rien. Ils ne comprenaient pas bien pourquoi on s'en prenait ainsi, tout à coup, aux êtres humains. Ceux-ci n'étaient ils pas le plus souvent de bons voisins ?
Sans doute se montraient ils parfois plus habiles que les animaux, mais cela était dû à leur intelligence. Il n'y avait chez eux ni méchanceté, ni intention de nuire, et en se montrant plus compréhensif, on pouvait facilement vivre en bonne compagnie avec eux.
« Mes ancêtres et les indiens ont toujours été amis, dit le chaval. Jamais l'ombre d'une mésentente n'a troublé leurs relations et il m'est pénible de penser que nous pourrions continuer à vivre comme par le passé.
Pourtant, si vous craigniez vraiment les hommes, pourquoi ne pas les éloigner de nous sans attenter à leur vie ?
Offrons nous d'être des nôtres, pour une longue expédition qui les entraînera loin d'ici, de l'autre coté des montagnes.
L'aigle m'a dit qu'il y avait là-bas de grands lacs, de belles prairies et d'immenses forêts, où ils pourraient être heureux.
Ils ont braves, ils aiment l'aventure, ils accepteront sans doute. Une fois là bas nous leur demanderons d'y rester et ceux d?entre nous qui le voudront reviendront vivre en paix, sans crainte de voir leur miel volé par de plus adroit qu'eux, ou leur fourrure enviée par les femmes.
C'est tout ce que je puis suggérer, car je ne désire pas considérer les hommes comme des ennemis et je refuse de m'associer à vous pour leur nuire. »
« Vous parlez comme un sot, répondit la panthère. Vous voulez épargner les hommes et vous ne comprenez pas qu'ils sont à craindre, qu'ils nous conduiront graduellement à nôtre perte, en nous privent de tout ce qui nous est cher, y compris notre liberté et notre indépendance.
Votre idée de les abandonner dans la prairie au delà des montagnes est stupide. A peine serons nous partis qu'ils e mettons en route pour revenir eux aussi dans leurs anciens villages afin de retrouver la forêt, le lac ou le cours d'eau qu'ils aiment parce qu'ils en connaissent chaque détour, chaque ive, chaque pierre.
Une fois de retour ils se vengeront et nous tuerons sans merci. »
Le raton laveur se leva alors pour prendre la parole. C'était un des plus anciens parmi les animaux. On le connaissait comme sage et les hommes même écoutaient volontiers ses conseils.
« Je ne suis pas de l'avis de la panthère, dit-il, car les indiens ne m'ont jamais fait grand tort. Je pense toutefois qu'ils deviennent plus versé que nous dans tout ce qui se rapporte au bois ou à la rivière.
Nul artifice ne leur échappe. Ils vont bientôt être trop habiles et trop puissants ; ce sera pour nous un danger de chaque jour et, à cause de cela, je suis de l'avis du castor. Pensons sérieusement à l?accord que nous pourrions avoir avec eux.
Lorsque tous les termes en auront été pesés, que nous aurons bien tiré nos plans, obligeons les, par la force s'il le faut, à accepter nos conditions et surtout, veillons à ce qu'ils tiennent leurs promesses. »
« Nous n'aboutirons à rien si nous nous y prenons ainsi, dit le renard. Usons plutôt de ruse. Laissons leur croire que nous sommes toujours leurs amis, mais détruisons leurs maïs qu'ils sèment, détachons de leurs amarres leurs bateaux et les filets qui iront se perdre dans les rapides.
Qu'ils soient affamés, et nous pourrons plus facilement leur faire admettre le pacte que proposent le castor et le raton. Croyez moi, cette idée est la meilleure. Pensez y bien et je suis sûr que vous l'adopterez. »
Le chien était resté pensif et silencieux.
« Jusqu'ici, dit-il, je ne m'étais jamais rendu compte que j'étais différent des hommes. Je regrette d'avoir eu la faiblesse d?accepter de me joindre à vous pour une séance de conseil où ils n'étaient pas invités.
Ceci est un contraire à l'ordre établi, convenu entre nous après que le Grand Esprit nous eut tous réunis dans ce pays. Je crains fort que nous n?ayons à nous en repentir. Il me semble que les indiens nous ont toujours traités avec bonté et avec justice.
Lorsqu'il fait froid l'hiver et que nous manquons de nourriture, ne nous ont-ils pas acceptés dans leurs maisons et n'ont-ils pas partagé leurs provisions avec nous ? Sans eux, certains d'entre nous n?auraient pu résister au vent du Nord ni aux rigueurs de la mauvaise saison.
Reconnaissez que jamais un indien n'a refusé d'aider un animal blessé ou malade. Il est certain que nous leur avons appris beaucoup ; jusqu'ici cela ne nous a guère vraiment porté préjudice. Nous envions leur intelligence, mais ce n?est pas une raison pour vouloir les exterminer.
Je ne peux pas et je ne veux pas être des vôtre, si vous persistez à vous liguer contre nos amis et je vous préviens que si vous décidez de leur faire du mal, je quitterai le conseil ; j'irai les prévenir du danger qui le menace, et en cas de besoin, je les aiderai à e défendre contre vous. »
Ces paroles déclenchèrent une certaine confusion dans l'assemblée. Le cheval pensait comme son ami et le disait hautement. La gent des oiseaux trop petit craignait de donner ouvertement son avis car l'aigle, jaloux de garder son prestige, leur lançait des regards à la fois dédaigneux et menaçants. Ils n'osaient hausser la voix, mais c'est tout le coeur qu'ils approuvaient le cheval, et c'étaient entre eux des chuchotements sans fin.
Les deux plus fâchés parmi les animaux étaient certes le loup et la panthère, qui traitèrent le chien de poltron et de traître.
« Vous êtes grisé par les louanges et les flatteries des jeunes filles et enfants, dit le loup. Les femmes vous demandent de veiller sur leurs papooses et vous le faites. Vous laisser les petits vous tirer sur la queue et les oreilles, sans rien dire.
Vous acceptez de garder la maison et de tenir compagnie aux vieillards. Vous aimez les hommes et vous n'osez rien leur refuser. Vos complaisances font de vous un être méprisable.
Vous vous êtes vendu pour des gâteaux de maïs desséchés et rassis trop dur pour les dents de ceux qui se disent vos amis, et qu'ils vous donnent parce qu'ils ne peuvent les manger, ou parce qu'ils en ont trop, ajouta la panthère.
Vous ne pensez qu'aux caresses des femmes, vous les regardez avec des yeux brillants d?affection. Une flatterie vous fait perdre toute dignité et tout bon sens. »
Ces paroles, et plus encore le ton haineux avec lequel elles furent prononcées, soulevèrent un mouvement général. Chacun voulut dire son mot, approuvent ou désapprouvent selon le cas.
L'aigle avait toujours son regarde fixe et hautain, mais les petits oiseaux manifestaient par des battements d'ailes et des piaillement aigus ; l'ours grommelait, sans qu'on sût exactement ce qu'il voulait dire ; le castor et le raton laveur discutaient entre eux.
Le chien restait calme et digne au milieu de ce vacarme. C'est alors que le cheval se leva de nouveau. Il alla se planter devant le loup et la panthère, qui se trouvait côte à côte.
« Je prend fais et cause pour mon ami le chien, dit-il. Je vous défends de l'insulter et de le diffamer, comme vous venez de le faire. Le chien est mon frère. Je l'aime, parce qu'il est à la fois affectueux, noble et courageux et parce qu'on peut toujours avoir confiance en lui. Vous le loup et la panthère, vous vous vantez d'être braves, l'êtes vous réellement ?
Vous semblez croire que la bravoure consiste a attaquer lâchement et à tuer. La bravoure est bien autre chose. Est vous qui comme le chien, vous élanciez au milieu des flammes de la forêt, pour en sauver les animaux, les hommes en détresse ?
Est-ce vous, qui comme lui, au moment de la chute des neiges, quand les cours d'eau débordent de leur lit, vous jetteriez au milieu des flots en furie, pour ramener à terre un compagnon qui se noie, ou qui vous exposeriez au froid et à la faim, pour retrouver dans la montagne un animal blessé ayant besoin d?aide ou de secours ?
Je reste donc au côté de mon ami. Je l'accompagnerai chez les indiens et, avec lui, je les aiderai au besoin à se défendre contre vous. »
A peine avait il fini de parler que le Grand Eprit se trouva tout d'un coup debout au milieu d'eux. Nul ne l?avait vu venir, nul ne sait comment il vint. Calme et majestueux, il s'assit au centre du cercle qui se forma autour de lui et il dit :
« le bruit de votre discussion est venu jusqu'à moi. C?est avec tristesse que je vous ai écouté du haut du céleste terrain de chasse. J'ai pensé qu'il fallait que je descende parmi vous, afin de remettre les choses au point.
Je vois que désormais, les relations qui existaient autrefois entre les indiens et vous ne peuvent continuer et je le regrette. J'aurais aimé vous voir tous heureux et j'avais espéré que vous sauriez mieux vous comprendre et vivre en paix, en attendant de venir ne rejoindre dans les terres de l'au-delà.
Puisque cela est impossible, je me trouve dans l'obligation de tout changer et, pour que tout change réellement, je vais vous donner à chaque un langage différent de celui des indiens. Désormais, vous ne pourrez plus parler avec eux et vous ne comprendre plus ce qu'ils diront. Je leur expliquerai la raison de ce changement et leur dirai ce qui s'est passé cette nuit.
Désormais aussi, toi panthère et toi loup, vous subirez le sort que vous vouliez voir subir aux hommes. Ce sont eux que vous chasseront et vous mettront à mort afin d'éviter vos attaque imprévue.
Toi raton laveur, et toi castor qui n'hésitiez pas à voir exposer vos amis au froid piquant de l'hiver, vous leur donnerez votre épaisse fourrure, afin qu?ils puissent s'en vêtir et protéger conte le froid leurs femmes et leurs enfants.
Toi renard, qui trouvais plaisir l?idée de les réduire au besoin, tu pourras essayer de leur jouer de mauvais tours, les hommes sauront te prendre au piège, se moquer de toi et de ta fourrure aussi sera d'un grand pris pour eux.
Désormais, seuls le chien et le cheval sauront les comprendre leurs amis ; mais parce qu'ils ont manqué à leur devoir en assistant à un conseil où ils savaient que les hommes ne seraient pas invités, ceux-ci ne les comprendront plus comme autrefois tout en restant unis à eux par les liens de l'amitié.
Vous pouvez donc, chien et cheval continuer à vivre comme par le passé auprès de familles indiennes. Vous serez présents à leurs fêtes, vous partagerez leurs joies et leurs peines, vous les aiderez dans leurs chasses. Les jeunes filles et les enfants n'auront pas peur de vous et ils continueront à vous aimer. »
Ayant dit cela, le Grand Esprit disparut on ne sait comment. La place qu'il occupait resta vide, et les animaux, consterné, se dispersèrent e silence. Lorsque peu à peu, ils se halèrent enfin à aller de nouveau roder près du village, ils ne comprenaient plus les hommes.
Les hommes ne les comprenaient plus et avaient appris à e méfier d'eux. C'est pourquoi, ils s'éloignèrent, pour vivre désormais loin des habitations, dans la forêt ou dans la plaine, se cachant le plus souvent parmi les buissons ou dans la brousse.
Seuls le cheval et le chien restèrent auprès des indiens et continuèrent à vivre avec eux, partagent leur bonne ou leur mauvaise fortune, toujours heureux de se sentir aimés et appréciés de leurs amis.
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